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INSECURITE CENTRE DU MALI Le génocide peul continue

Le Sphinx | 03 January 2019

Génocide peul
Génocide peul

INSECURITE CENTRE DU MALI

 

Le génocide peul continue

 

L’année 2019 commence très mal pour les pauvres populations peules abandonnéesàleur sort depuis plus de trois ans. Ce mardi 1erjanvier, vers 05h du matin, 37 habitants du village peul de Koulogon Habé, dans le Cercle de Bankass (Mopti) ont étélâchement massacrés par des « dozos »que certains villageois qui ont assisté, de très loin, l’événement, qualifient de chasseurs dogons de Dan Ambassagou. Une thèse que réfute le communiquédu gouvernement qui parle plutôt d’hommes habillés en tenue traditionnelle « dozos ». Un communiqué gouvernemental qui se termine, comme à l’accoutumée, de condamnation, de promesse d’ouverture d’enquête et tutti quanti. 

Parmi les victimes, on compte le chef du village, plusieurs femmes, des enfants et des vieillards. Le village a été complétement détruit, incendié, pillé et laissé en ruine. Il faut rappeler également que des villages dogons avaient subi le même sort, il y a quelques mois, de la part de présumés djihadistes.

 

Selon un bilan des Nations-Unies, ces massacres portent à 500 le nombre de peuls exécutés en un an au Mali. Plus de 850 personnes, peuls et dogons confondus, selon nos sources. L’organisation dirigée par Antoine Guitéres semble se contenter d’un décompte macabre sans jamais demander au gouvernement malien de prendre ses responsabilités et de mettre fin à, ce qui n’est, ni plus ni moins, qu’un génocide. Un gouvernement d’ailleurs soupçonné par la communauté peule d’être le commanditaire de ces massacres. Un soupçon renforcé par le fait qu’il y a six mois environ, 17 chasseurs dont « Le Sphinx » avait donné les noms ont été arrêtés par l’armée malienne et livrés à la gendarmerie de Ségou qui les a interrogés avant de décider de les envoyer à Bamako. A quelques minutes de leur transfèrement, ordre a été donné de les libérer. Il semble que ce sont ces mêmes olibrius qui continuent à sévir dans la zone, au vu et au su de tout le monde. Idem pour des membres de l’Armée malienne soupçonnés d’avoir participé au massacre de Boulekessi. Le gouvernement malien qui avait nié les faits dans un premier temps, avait, là aussi, fini par reconnaître la participation de qu’il a avait qualifié d’éléments incontrôlés. Il avait promis une commission d’enquête qui, à notre connaissance, n’a jamais été mise en place. 

En attendant le génocide peul continue. Hier encore, le village de Deh, dans la commune de Diamnati, cercle de Bandiagara, était encerclé par une centaine de présumés chasseurs « dozos » de Dana Ambassagou venus de leur base de Ningari. Au moment où nous mettons sous presse, on signale le meurtre d’un jeune ressortissant du village Sasari non loin de Deh, une bourgade de 6 000 habitants.

Dans un pays où l’Etat est incapable d’instaurer son autorité, dans un pays où l’Etat sous-traite sa sécurité, toutes les dérives sont possibles. Ainsi va le Mali.

 

A.D

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